dimanche 17 août 2008

A l'ancre, le bateau dort

Retour en arrière : le 22 juillet.

Un post de Rodolphe Alexis, artiste résident à bord sur le Danube, sur son blog : http://rodolphe_alexis.sound-delta.eu/

Entre Svishtov et Lom, nous dormons à l’ancre au milieu du Danube. Orage, pluie et vent, le fleuve devient menaçant, le bateau tangue sous le roulis, sons des vagues à l’exterieur et de la pluie en cabine. Peu à peu tout se calme dans une pluie fine où les vagues ont disparues. Le bateau dort, il est 1H du matin.

Ecoutez un extrait de cet enregistrement ici : Water Talks on Board 3’07 – 22 juillet

C'est vrai que dormir à l'ancre, dans le courant d'un Fleuve, est une expérience à faire... Le bateau est retenu au fond par une ancre. Il se retrouve comme une ile au milieu de l'eau. Une ile qui bouge, poussée d'un côté par le courant et de l'autre, par le vent. Dans la nuit noire, on entend le bruit du bateau qui bouge, ondule, craque...

Selon l'état d'esprit des passagers, c'est soit une expérience très romantique : isolé au milieu de l'eau, en contact avec les éléments, le noir, la lune, l'eau, les étoiles... Soit une expérience un peu oppressante, le même sentiment d'isolement, qui peut inspirer des idées noires, de dangers, de profondeur, d'eaux mouvantes... C'est en tout cas une expérience qui révèle, tel un baromètre, notre état intérieur...

La cabine du marinier, dans laquelle je dors, est située à l'arrière du bateau. C'est l'endroit le plus bas du bateau, on y dort sous le niveau de l'eau et en même temps l'endroit qui bouge le plus car il est à l'opposé de l'ancre... Les mouvements et les bruits de l'eau y sont très présent... C'est un vrai plaisir de s'y endormir comme un bébé, bercé par le fleuve...

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dimanche 10 août 2008

Vukovar - Croatie

Dernière étape du voyage pour moi. Je quitte le bateau ici pour rejoindre la Belgique en voiture. Le bateau continue son périple à rythme fluvial jusqu’à Strasbourg où nous le retrouverons fin septembre.

Nous quittons une ville à l’ambiance vraiment particulière. C’est une petite ville de province « presque » comme les autres… À la différence qu’un nombre très impressionnant de bâtiments, de maisons, sont encore marqués par les stigmates de la guerre.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Vukovar

Le bateau quitte la Croatie ce lundi pour naviguer vers Budapest.

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Rencontres à Belgrade

Hervé m’a fait l’immense plaisir de venir nous rejoindre quelques jours sur le bateau. C’était vraiment super de pouvoir partager un morceau de cette folle aventure avec lui qui nous a suivi depuis bien avant la concrétisation du projet de l’Ange Gabriel.

Hervé a vécu deux ans en Serbie en tant que chef de mission pour Medecins sans Frontière à l’époque de la crises des Balkans. Il nous a présenté plusieurs de ses collaboratrices Serbes de l’époque avec qui nous avons partagé des moments très intéressants.

Il nous a également fait une très originale visite guidée de Belgrade sur le thème de la Francophilie dans la ville. Intéressant et émouvant.

Cela tranche avec les impressions d’anti-occidentalisme que nous avions pu ressentir chez certaines personnes ou parfois dans la rue. Cette visite fut un beau contrepoint pour rééquilibrer les points de vue. Hervé nous a ensuite accompagné en navigation jusque Novisad.





Nous avons eu la surprise de recevoir la visite au bateau de Toni et de Nikolas, capitaine du Velebit, venu avec sa famille. Cette rencontre reste vraiment un des points forts de ce voyage. J’espère que nous aurons l’occasion de les revoir lors d’un prochain voyage dans la région, d’ici un an ou deux…

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mercredi 30 juillet 2008

Belgrade - Serbie

Hier, en début de soirée, nous sommes arrivés à Belgrade. Nous sommes passés sous le pont reconstruit après sa destruction par les forces de l’OTAN. Un nouveau tablier a été posé sur les anciens piliers qui gardent les stigmates des bombardements.

Nous avons remonté la Save, affluent du Danube sur quelques kilomètres avant de nous amarrer dans le quartier des Docks.

Je n’ai pas l’impression d’être dans le même pays que dans les deux premières petites villes Serbes que nous avons croisées. Ici l’accueil des autorités est ouvert, chaleureux, presque amical. Les formalités se sont déroulées en quelques minutes et terminées par un verre sur le pont du bateau. Quel plaisir !

Hier soir, nous sommes restés près du bateau car on nous a déconseillé de sortir en ville. 15.000 manifestants nationalistes Serbes, venus en car de province, ont déferlé sur la ville pour s’opposer à l’extradition de Radovan Karadzic. Les manifestations se sont déroulées au centre et nous sommes donc sagement restés dans le quartier du port.

http://balkans.courriers.info/article10976.html

Depuis notre arrivée ici, j’ai vraiment l’impression de toucher du doigt un morceau de l’histoire contemporaine européenne. Ce qui me paraissait loin de chez nous, à la télévision, est là maintenant, sous nos yeux. La Serbie, très "duelle" dans sa perception de l’Europe, est un pays qui reste fascinant et attachant.

Quelques infos sur le projet European Sound Delta à Belgrade ici : http://blog.sound-delta.eu/spip.php?article237

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Video : Le Beau Danube du Delta à la Serbie

Quelques images du Beau Danube de toutes les couleurs... entre la Roumanie, la Bulgarie et la Serbie :

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Merci !

Je voudrais prendre un petit moment pour remercier tous ceux qui ont rendu le rêve de l’Ange-Gabriel possible.

Veronica, qui a embarqué avec moi sur ce projet un peu fou il y a quelques années déjà. Après une période de réflexion, elle s’est engagée avec l’amour et la passion qui la caractérise.

Alexandre. Le rayon de soleil de ma vie. J’ai vécu des moments d’intense émotion père-fils en le regardant s’émerveiller sur le bateau. Son enthousiasme et sa joie plus que débordante à l’idée de vivre sur un bateau ont définitivement balayés les dernières craintes que j’aurais pu avoir concernant la vie en famille sur l’eau.

Hervé, sans qui le projet n’aurait pas pris la forme qu’il a aujourd’hui. Hervé nous a accompagné depuis plusieurs années sur le montage administratif, juridique et surtout financier du projet. Son apport a été déterminant pour que le projet puisse voir le jour. En plus de son apport sur le plan concret, Hervé nous a également apporté sa foi dans un projet que beaucoup pouvais percevoir comme fantaisiste, peu réalisable voire dangereux. Il a vraiment accompagné et partagé notre rêve, bien avant sa concrétisation. Special Thanks !

Michel et l’ASBL Sauf qui Peut. C’est sur son premier bateau, le « Biesse di nut », que j’ai contracté le virus du bateau et l’envie de vivre sur une péniche. C’est également Michel qui, de par ses contacts, à trouvé notre bateau et nous a mis en relation avec les propriétaires de l’Alchan-D. C’est encore lui qui a coordonné le chantier de transformation du bateau et fédéré autour de lui, avec l’ASBL Sauf qui Peut, les différents corps de métier pour transformer le bateau en logement. Il a mis l’expérience de ses deux premières transformations de bateau au service du projet de l’Ange-Gabriel.

Albert et Chantal, les anciens propriétaires de l’Ange-Gabriel (ex Alchan-D). Nous avons eu beaucoup de chance de tomber sur ce couple de marinier. Ils nous ont vendu un très beau bateau, très bien équipé et entretenu avec amour depuis des années. Même si ça a été un peu dur pour Chantal de se séparer de son lieu de vie et outil de travail depuis 27 ans, ils nous on accompagné avec toute leur expérience et leurs excellents conseils depuis le début des travaux. Encore aujourd’hui, sur le Danube, j’appelle presque tous les jours Albert pour lui poser des questions techniques sur le fonctionnement de telle ou telle partie de la salle des machines. C’est vraiment incroyable comme, même à distance, il connaît encore le moindre recoin, la moindre vanne ou le moindre bouton de son bateau. On a pas l'impression d'être à des centaines de kilomètres de distance entre la Belgique et le Danube, on dirait plutôt qu'Albert se trouve à l'avant du bateau et que nous communiquons par Walkie-Taklie. À chaque fois il nous dit exactement ce que nous devons faire et c’est chaque fois la bonne solution. Et manifestement, il le fait de bon cœur, avec le souci que le bateau fonctionne au mieux. C’est génial !

Guy. C’est grâce à Guy que nous avons les beaux espaces tels qu’ils sont aujourd’hui aménagés dans le bateau. Guy a dessiné les plans d’aménagement. Malheureusement, pour des questions de temps, de budget et de manière de travailler différente, nous n’avons pas pu les réaliser tels qu’ils étaient dessinés. Néanmoins, c’est sur base des plans que la disposition générale du bateau a été réalisée et même si pour Guy, ce doit être assez décevant de voir les écarts entre ce qu’il avait imaginé et ce qui a été finalement réalisé, sans ses précieux desseins, l’Ange-Gabriel n’aurait pas son bel aspect d’aujourd’hui. Mille merci pour la belle créativité et les jours d’intense production !

Pierre-Yves. Plus qu’un notaire, son enthousiasme pour notre projet, le temps qu’il a passé à débroussailler le terrain juridique, sa créativité pour trouver des solutions légales adaptées à notre réalité, ses précieux conseils et son support matériel et amical nous ont permis de nous lancer dans l’aventure l’esprit clair et serein. Cadeau sans prix…

Mes collègues, associés et partenaires de chez A HERMES, NOW.be et ALVOS Films qui m’ont accompagné par leurs encouragements et leur support au bureau pendant les périodes chaudes du projet. Un merci particulier à Ngalula, Hervé, David et Gauthier qui m'ont encourager à oser prendre 9 semaines de congé, me permettant d’accompagner mon bateau en navigation sur la Danube le cœur léger…

Toute l’équipe de Michel, qui a réussi un exploit en transformant le bateau de commerce en bateau de croisière en si peu de temps, avec beaucoup de professionnalisme, d’engagement et d’esprit positif, malgré les galères rencontrées : Olivier, Ben, les deux Julien, Marie-Lou, Philippe, Freddy…

Bruno, mon cousin, qui aménage un superbe Luxmotor à Anderlecht et avec qui j’ai pu partagé et apprendre plein de petites choses très utiles… Le plaisir de partager une passion commune avec son cousin. Très sympa ;-)

Les organisateurs et les participants aux soirées fluviales à l’initiative de Jêrome.

Christian Laurent, du chantier Meuse et Sambre pour ses précieux conseils. Même si je n’ai finalement pas travaillé avec un chantier naval pour la réalisation du bateau, sa disponibilité et son ouverture m’ont permis d’éclaircir plusieurs point important afin de faire des choix en toute connaissance de cause.

Les sites Aquaforum, Habitat-Fluvial, Bord à Bord sur lesquels j’ai glané, depuis des années, un paquet d’informations, parfois contradictoires entre elles, mais qui avaient le mérite de faire avancer la réflexion et surtout, de susciter de nouvelles questions. Par contre, je me rends compte, avec le recul, que toutes les réponses à ces questions ont été trouvées auprès de personnes dans la « vraie vie » et finalement assez rarement en ligne…

Ceux qui sont venu donner un coup de main sur les travaux : Jacques, Diego, Brigitte, Sean…

Pierre pour ses conseils et son éclairage pour la partie son et audiovisuelle embarquée.

Les administrations publiques belges : sur les forums, la partie administrative avait l’air d’être la partie la plus pénible du projet. Dans mon cas, il n’en a rien été. À chaque étape du parcours administratif, je suis tombé sur des personnes compétentes, aimables, rapides, orientées « usagers » et « solutions ». Toutes les formalités se sont déroulées du premier coup, sans allers-retours et dans des délais beaucoup plus court que ce que j’avais imaginé. Je ne pourrais pas remercier individuellement chaque fonctionnaire rencontré, mais merci aux agents du service public fédéral mobilité et transport à Bruxelles, Anvers et Ostende, aux agents de la région wallonne, aux éclusiers, à la police fluviale, aux maîtres jaugeurs, à la conservation des hypothèques maritimes et fluviales à Anvers…

Le port de plaisance de Peruwelz, qui nous a accueilli très gentiment pendant une grande partie des travaux d’aménagement du bateau en Belgique. Nous avons fait du bruit, des crasses… Mais tout le monde a été très sympa avec nous.

Les amis qui m’ont nourrit par leur enthousiasme communicatif sur ce projet : Mon papa, Thibault, Jacques, Dominic, Brigitte, Patrick, David, Ngalula, Ann, Sabine, Olivier, Cathy, les familles Libbrecht-Scheid et Van Dieren, Greta, Ten Wolfs, Aurélie, Alex, Sophie, Eliane, Jean-Luc, Thierry, Florence, Coralie, Philippe et Pascale, Denis, Fred, Gaël, Titane et Peppino, qui m'a amené un jour voir la péniche de Michel…

Dominique, Léon, Pascale, Martine, Sabine, Olivier et Gauthier avec qui je partage un parcours de développement personnel depuis deux ans et qui accompagnent également la concrétisation du rêve à chacune de nos riches rencontres.

Les pénichards qui nous ont gentiment accueillis sur leur bateau à l’époque où nous étions encore des gens d’à terre pour nous partager leurs expériences de l’habitat fluvial : Laurent et Hélène du Story-Boat, Patrick et Françoise de la Favorise, Martine et Bernard Buisseret du MS Elisabeth

Dominique Poumay, mon assureur pour le bateau, compétent, réactif et sympa. Il a passé beaucoup de temps sur le dossier d’assurance du bateau pour l’expédition Danube. À recommander ;-)

Gérard Bachy et Pierre Verberght pour leurs conseils sur la navigation sur le Rhin et le Danube.

Les membres du Collectif MU, assez fou pour louer un bateau dont le gros œuvre n’était pas encore achevé quelques semaines avant la date de location et assez cool, ouvert et sympa pour nous faire confiance et accepter les choses telles qu’elles se sont présentées. Merci en particulier à Eve pour ses talents d’organisatrice, de communication constructive et de médiatrice à ses heures ;-)

Diego, qui m’a accompagné plusieurs semaines sur le Danube et avec qui nous avons surmonté toutes les galères d’un bateau non-fini avec à son bord les 10 premiers passager de sa nouvelle vie de bateau de plaisance. Nous avons, grâce à notre complémentarité, vraiment appris à connaître le bateau dans ses recoins et à commencer à bien le prendre en main. Merci à lui pour sa force de travail et son esprit toujours positif !

Et à vous qui, plus de 150 par jour, venez lire ce blog… Merci pour vos commentaires d’encouragements, ils font vraiment vraiment plaisir et me donne à chaque fois un peu plus d’énergie pour poursuivre l’aventure plus loin !

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Diaporama de photos du Danube

Un diaporama de photos du Danube et du projet European Sound Delta entre la Roumanie et la Serbie

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mardi 29 juillet 2008

En route pour Belgrade

6h40. Voilà déjà un début de journée bien remplie. Ce matin, formalité de sortie à la police Serbe, ensuite paiement et permis de naviguer vers Belgrade à la Capitainerie du Port. Retour au bateau. Chauffe des moteurs et départ. Ensuite, petit tour dans la salle des machines pour remettre l’huile à niveau dans le générateur 220 volts et ensuite vidanger le trop plein d’eau sous le moteur.

Ce matin, notre ami Yugo, de bonne hurleur (oups, pardon, de bonne humeur), me propose de me laisser faire, sous son œil, les manœuvres de sortie du port. Génial ! A six heures, le soleil caresse les eaux rosées du matin sur un Fleuve d’huile. Toujours accompagné du doux ronron de son puissant moteur, en quelques coups de barres, d’embrayage et de gaz, le bateau se décolle tout doucement de la berge en prend lentement son envol vers le chenal pour filer presque silencieusement sur le lit du Fleuve en glissant le long des berges de la ville encore en pyjama. Nous croisons une barque de pêcheurs déjà au travail. Une fois passés sur notre côté, ils disparaissent, dévorés sous les feux du soleil levant qui embrasent notre sillage.

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Bienvenue en Serbie

Depuis notre arrivée, hier, en Serbie, j’ai passé plus de temps dans les commissariats, douanes, capitaineries, bureaux d’agents et autres temples de l’administration qu’à visiter le pays ou profiter des charmes locaux…

Avant-hier soir, « revizion » complète à Donji Milanova, début des festivités à 18h00 et clôture à minuit lorsque les derniers agents, très pointilleux, mais assez aimables, quittent le pont. Extinction des feux à 0h30.

Dans la courte nuit, réveil à 3h30 sous les coups sourds de la coque contre le ponton. À chaque butée, à intervalles réguliers, le bateau résonne comme une vielle cloche de cathédrale mal accordée. En caleçon sur le pont, nous croisons Christophe, hirsute, réveillé par les mêmes sonorités nocturnes. À trois, nous resserrons les amarres du bateau et plaçons un pneu et un pare battage entre la bordaille et le ponton.

Retour au lit pour une dernière heure de sommeil. Levé à quatre heures trente et départ à cinq heures trente.

Le lendemain, le festival itinérant des Administrations Serbes se poursuit à Veliko Gradiste. Le concert démarre cette fois à 13h00 pour une clôture à 20h00. Dans la foulée, nous en avons profité pour faire le plein de fuel. Le port ne possédant pas d’infrastructure pour tanker les bateaux, c’est un camion qui vient nous livrer. Il est accompagné d’un camion de pompier, de notre agent, du capitaine du port, de la police et d’un inspecteur du ministère de l’environnement. Remplissage de 900 litres dans chacune des cuves babord et tribord. Petit débordement sur les plats-bords lors du deuxième remplissage. Réaction rapide pour contenir le liquide qui se répand. Pas une goutte dans le Danube. Ouf ! L’inspecteur nous remet son rapport et tout est en ordre. Nous pouvons payer les 225.000 dinars retirés en billets de 1000 en 9 retraits au Bancomat. Belle liasse !

Notre agent, charmante jeune femme serbe, nous a accompagné toute la journée pour surmonter les embûches de l’administration. Elle a fait un boulot formidable pour nous accélérer, tant que faire se peut, la traversée des méandres bureaucratiques locaux. Les points d’achoppement qu’elle a dû régler ont été, entre autres, le carnet ATA du matériel embarqué (une sorte de passeport pour le matériel) qui était apparemment incomplet, certains passeports des passagers « abîmés », des documents administratifs mal remplit par les douaniers de Donji Milanova et l’organisation, un peu épique, de la livraison du fuel dans le port. Beau travail !

Contrairement à la Roumanie et à la Bulgarie, j’ai senti en Serbie une certaine froideur, voire de l’hostilité chez certains agents publics. J’ai l’impression que nous sommes tolérés sur le territoire, sans plus. À l’arrivée à la police de Veliko Gradiste, pas un croisement de regard, pas un sourire, un couloir post-soviétique en guise de salle d’attente, pas de chaise pour s’asseoir, un guichet fermé derrière lequel sont assis plusieurs agents qui regardent les variétés style « Eurovision » à la télévision, sans détourner la tête. Attentes de plusieurs dizaines de minutes sans aucune explication. Pendant ce temps, les passagers et le reste de l’équipage sont confinés à bord.

Après plusieurs heures, une fois les formalités d’entrée en Serbie terminées, les passagers peuvent se rendre à la police dès la sortie du bateau avant de se rendre en ville. Ils doivent expliquer l’objet de leur sortie (restaurant, courses…) afin de recevoir leur passeport pour une durée déterminée (par exemple 4 heures). Une fois la sortie finie, nous retournons au commissariat rendre notre passeport et retournons au bateau. Ça procure une subtile, mais bien réelle, sensation de privation de liberté…

J’ai l’impression qu’au premier faux-pas de notre part, on est parti pour démarrer « Midnight Express »… Bon j’exagère, mais l’ambiance au commissariat est aussi glacée qu’une porte métallique gelée… Après des heures de tracasseries administratives dans un environnement hostile et dans une langue étrangère, je sens la tension nerveuse accumulée…

Je pense qu’une partie des Serbes n’oublie pas que ce sont, entre autres, 12 de nos avions belges qui, il y a moins de 10 ans, ont effectué des centaines de sorties de combat en soutien aux bombardement « humanitaires » de l’OTAN sur les positions Serbes. Plus récemment encore, début 2008, le concert des pays européens reconnaissait l’indépendance du Kosovo, au grand dam de la Serbie. Geste ressenti comme de l’ingérence et une gifle humiliante adressée aux Serbes, alliés historiques de l’occident chrétien contre les occupations Turques puis Nazies…

Signe visible de la tension dans la région, nous avons croisé un convoi de l’armée belge, sous l’égide de la KAFOR, qui traversait le Danube à Calafat en Bulgarie pour se rendre en mission de maintien de la paix au Kosovo. Sans doute que le célèbre « Droit d’ingérence » de Kouchner est ressenti différemment à Paris et à Bruxelles qu’à Belgrade…

De là à dire qu’ils nous le rendent bien, je ne sais pas...

Plus d’infos :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Allied_Force

http://www.b-i-infos.com/articles/Lewis_Mac_Kenzie_Nous%20nous%20sommes%20tromp%E9s%20de%20bombardement.pdf

http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19920406

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Les Portes de Fer

Voici quelques images des célèbres Portes de Fer.

C’est effectivement assez impressionnant. La Majesté des lieux s’impose à notre frêle esquif qui semble demander la permission de franchir l’étroit passage entre les deux verdoyants et riches massifs montagneux des Carpates et des Balkans.

Une colossale tête de géant, taillée à flanc de montagne, semble surveiller la gorge de son regard profond et ténébreux.

Plus loin, un petit édifice religieux, une sorte de chapelle orthodoxe, diffuse des chants de prières. Quelques officiants debout sur une terrasse surplombant le Danube, habillés de longues soutanes noires, nous font signe lorsque nous passons à leur hauteur.

Le tableau qu’offre ces paysages d’un autre temps me rappelle les contrées du Seigneur des Anneaux. C’est un mélange des habitants des terres du Rohan qui se seraient installés dans les Gorges des anciens rois de l'Argonath.

"Frodon, les yeux fixés devant lui, vit s'avancer au loin deux grands rochers : on eût dit de grands pinacles ou de grandes colonnes de pierre. Hauts, verticaux et menaçants, ils se dressaient de part et d'autre du fleuve. Une trouée étroite apparaissait entre eux, et le courant emportait les bateaux vers celle-ci.
- Voyez l'Argonath, les Piliers des Rois ! s'écria Aragorn. Nous n'allons pas tarder à les passer. Maintenez les barques en files et aussi espacées que possible ! Tenez le milieu du lit !
A mesure que Frodon était emporté vers eux, les grands piliers s'élevèrent comme des tours à sa rencontre. Ils lui parurent de grandes et vastes formes, menaçantes dans leur mutisme. Puis il vit qu'elles étaient, en fait, taillées et façonnées : l'art et le pouvoir de jadis s'y étaient appliqués, et elles conservaient encore, en dépit des soleils et des pluies d'années oubliées, les puissantes images qui leur avaient été données. Sur de grands socles fondés dans les profondeurs des eaux se dressaient deux grands rois de pierre : hiératiques, ils contemplaient sévèrement le nord de leurs yeux voilés, sous des sourcils crevassés. Leur main gauche était levée, paume en dehors, en un geste d'avertissement ; la main droite tenait une hache ; sur leur tête étaient un heaume et une couronne effrités. Gardiens silencieux d'un royaume depuis longtemps disparu, ils étaient encore empreints d'une grande puissance et d'une impressionnante majesté. Une crainte respectueuse envahit Frodon : il se fit tout petit et ferma les yeux, n'osant lever le regard tandis que les bateaux approchaient. Même Boromir baissa la tête comme les embarcations passaient à vive allure, frêles et fugitives comme de petites feuilles, sous l'ombre permanente des sentinelles de Númenor. Ainsi passèrent-ils la sombre trouée des Portes."


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jeudi 24 juillet 2008

Ne vous baignez pas dans le Danube !

Un petite info trouvée sur le net :

Selon des informations données par la chaîne de télévision RTL Klub, la pollution de l'eau du Danube à Budapest a dépassé les limites de salubrité. Il a été démontré que l'eau avait été infectée par des bactéries e-coli, Escherichia coli, dans des quantités supérieures à la norme sanitaire. L'eau analysée contient des traces de selles et ceux qui se baigneraient dans cette partie du Danube (et en aval vers le Delta) risqueraient d'attraper une maladie contagieuse. La police a redoublé ses contrôles sur le fleuve et inflige une amende à qui se baignerait illégalement. Cette année d'ailleurs, cinq personnes se sont déjà noyées dans le Danube et la police est plus que jamais attentive. M.K. (www.lepetitjournal.com - Budapest) mercredi 23 juillet 2008

Beurk... Lazlo avait raison. Il nous avait déconseillé de nous baigner après l'Allemagne... C'est noté ;-)

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